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On connaît tous l’expression « combat ou fuite » pour décrire nos réactions face au danger. Mais il existe un troisième état, bien plus discret et rarement expliqué : le figement.
Ce moment où l’on se sent bloqué, vidé, incapable de bouger ou de réagir, comme si le corps s’était mis sur pause. Loin d’être une faiblesse, c’est l’une des plus anciennes stratégies de survie du vivant. La comprendre, c’est cesser de se le reprocher.
Combat, fuite… et figement
Face à une menace, notre système nerveux dispose de plusieurs réponses automatiques, déclenchées en une fraction de seconde, avant même toute réflexion. Les deux plus connues sont le combat (affronter) et la fuite (s’échapper). Elles ont un point commun : elles mobilisent le corps pour l’action.
Mais quand ni l’une ni l’autre ne semble possible quand le danger paraît trop grand, trop soudain, sans issue, le système nerveux peut basculer dans une troisième réponse : le figement. Le corps s’immobilise, la respiration ralentit, la pensée se brouille. C’est une réaction de protection, pas un choix conscient.
À retenir : le figement n’est pas de la passivité ni un manque de courage. C’est une réponse réflexe de survie, aussi automatique que le sursaut. Le corps décide seul, en une fraction de seconde, que l’immobilité est la meilleure protection.
Une très ancienne stratégie de survie
Pour comprendre le figement, il suffit d’observer le règne animal. Beaucoup d’espèces se figent face à un prédateur : l’immobilité rend plus difficile à repérer, car l’œil des prédateurs détecte surtout le mouvement. Certains animaux vont jusqu’à simuler la mort ; c’est la célèbre stratégie de l’opossum, qui s’effondre et ralentit ses fonctions vitales pour ne plus intéresser son agresseur.
Les scientifiques appellent ce mécanisme l’immobilité tonique. Ce n’est pas une invention de l’esprit humain : c’est un réflexe archaïque, partagé par de nombreuses espèces, inscrit très profondément dans notre biologie. Chez l’être humain, il se déclenche dans les situations vécues comme les plus intenses ou les plus menaçantes.
Au cœur de ce processus se trouve l’amygdale, le centre d’alerte du cerveau. C’est elle qui évalue le danger en quelques millisecondes et déclenche la réponse la plus adaptée, combat, fuite ou figement, sans passer par la réflexion consciente. Quand elle juge que ni la lutte ni la fuite ne protégeront, elle peut ordonner l’immobilisation.
À quoi ressemble le figement au quotidien
On imagine le figement comme réservé aux situations extrêmes. Mais dans une version plus douce, il se manifeste aussi dans la vie ordinaire, dès que le système nerveux se sent débordé. Peut-être en reconnaîtrez-vous certains signes :
- Le blanc : lors d’une prise de parole, d’un conflit ou d’un examen, l’esprit se vide d’un coup, les mots ne viennent plus.
- L’immobilité devant l’action : face à une tâche qui submerge, on reste bloqué, incapable de commencer, comme paralysé.
- La déconnexion : une sensation d’être « ailleurs », détaché de soi ou de la situation, au ralenti.
- Le repli : l’envie de disparaître, de se couper du monde, un épuisement qui cloue sur place.
Ces états peuvent survenir face à un stress intense, mais aussi, chez certaines personnes, de façon plus fréquente notamment lorsque le système nerveux est déjà très sollicité ou particulièrement réactif.
Quand le figement s’installe : un mot sur la sidération
Dans sa forme la plus intense, le figement porte un nom : la sidération. Le corps se fige totalement, la voix disparaît, la pensée s’arrête. C’est une réaction fréquente lors d’événements traumatiques, où la personne se retrouve dans l’impossibilité de réagir, de crier ou de se défendre.
Il est essentiel de le dire, car cette réaction est souvent mal comprise y compris par les personnes qui la vivent. Se figer lors d’un événement traumatique n’est jamais un consentement, ni un manque de courage. C’est un réflexe neurobiologique involontaire. Comme le rappellent les spécialistes de la neurobiologie du traumatisme, les circuits de défense du cerveau peuvent tout simplement empêcher le corps de bouger : il s’agit d’une réaction normale à une menace, pas d’un choix.
Ce paragraphe touche à un sujet sensible. Si vous avez vécu un événement traumatique et que ces réactions vous concernent, sachez que vous n’êtes pas responsable de vous être figé·e, et qu’un accompagnement existe. Un professionnel de santé (médecin, psychologue, psychiatre) formé au psychotraumatisme est l’interlocuteur adapté. Le neurofeedback dynamique NeurOptimal® n’est pas une pratique médicale, ne traite pas le psychotraumatisme et ne se substitue à aucun suivi.
En cas de détresse, vous pouvez aussi contacter le 3114, numéro national de prévention du suicide, à l’écoute 24h/24.
Aider son système nerveux à sortir du figement
Le figement, comme les autres réponses de survie, est censé être temporaire : une fois le danger passé, le corps devrait redescendre et retrouver son équilibre. Mais quand le système nerveux est chroniquement sollicité, il peut rester coincé dans cet état de repli. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut l’aider à se remettre en mouvement, en douceur.
Se reconnecter au corps
Le figement est un état de déconnexion. De petits gestes qui ramènent l’attention au corps aident à en sortir : sentir ses pieds sur le sol, bouger lentement les mains, s’étirer, toucher une matière, boire une gorgée d’eau. L’idée est de rappeler au système nerveux que le mouvement redevient possible.
Réintroduire le mouvement en douceur
Puisque le figement immobilise, le mouvement doux est un antidote naturel : marcher, se balancer légèrement, bouger au rythme d’une musique. Sans forcer : il ne s’agit pas de se secouer, mais de relancer très progressivement la machine.
S’appuyer sur des signaux de sécurité
Le système nerveux sort d’autant plus facilement du figement qu’il perçoit de la sécurité : un environnement calme, une présence rassurante, une respiration lente, une voix douce. Ces signaux lui indiquent que le danger est passé.
Le neurofeedback dynamique NeurOptimal®
Le neurofeedback dynamique NeurOptimal® peut soutenir la capacité du système nerveux à retrouver de la souplesse — cette faculté de passer d’un état à l’autre au lieu de rester bloqué. C’est une méthode douce, non invasive et sans médicament. Pendant la séance, des capteurs posés sur la tête observent l’activité électrique du cerveau, aucun courant n’est envoyé. Lorsque le système détecte une variation brusque, il insère une micro-interruption dans la musique que vous écoutez, invitant le cerveau à s’auto-observer et à retrouver, de lui-même, davantage de mobilité intérieure.
Un point important quand on connaît des états de figement : vous n’avez rien à faire, rien à revivre, rien à raconter. Vous vous installez, vous écoutez. Cette approche peut contribuer à soutenir les processus naturels d’autorégulation, en complément, jamais en remplacement, d’un suivi médical ou psychologique, en particulier en cas de traumatisme.
Certaines personnes rapportent, au fil des séances, une sensation d’être plus présentes, plus « mobiles » intérieurement, moins souvent bloquées. Chaque parcours est singulier : il n’existe pas de résultat garanti, et le nombre de séances varie d’une personne à l’autre.
En résumé
Le figement est le troisième visage de nos réactions de survie, à côté du combat et de la fuite. Quand ni lutter ni fuir ne semble possible, le système nerveux nous immobilise pour nous protéger : c’est un réflexe ancien, involontaire, inscrit dans notre biologie. Se sentir bloqué, vidé ou déconnecté n’est donc ni une faiblesse ni un manque de volonté. Et lorsque cet état s’installe, on peut aider son système nerveux à se remettre en mouvement, en se reconnectant au corps, en s’appuyant sur des signaux de sécurité et en explorant des approches douces comme le neurofeedback. À son rythme, avec bienveillance.
Vous souhaitez aller plus loin ?
Au cabinet d’Illkirch-Graffenstaden, j’accompagne avec bienveillance les personnes qui souhaitent soutenir la régulation de leur système nerveux.
Vous pouvez réserver une première séance, découvrir comment fonctionne le neurofeedback NeurOptimal®, ou, si vous habitez loin, opter pour la location d’un système à domicile.
Questions fréquentes
Le figement est-il une maladie ?
Non. C’est une réaction normale et automatique du système nerveux face à une menace perçue, au même titre que le combat ou la fuite. C’est sa persistance ou sa fréquence, quand le système nerveux reste bloqué, qui peut devenir inconfortable et mérite alors d’être accompagnée.
Pourquoi me suis-je figé·e au lieu de réagir ?
Parce que votre cerveau a jugé, en une fraction de seconde et sans vous consulter, que l’immobilité était la meilleure protection. C’est un réflexe involontaire. Vous n’en êtes pas responsable, et cela ne dit rien de votre courage ou de votre valeur.
Le neurofeedback traite-t-il les traumatismes ?
Non. Le neurofeedback dynamique NeurOptimal® n’est pas une pratique médicale et ne traite pas le psychotraumatisme. Il vise à soutenir la capacité du système nerveux à mieux se réguler. En cas de traumatisme, un professionnel de santé formé est l’interlocuteur adapté ; le neurofeedback peut éventuellement s’envisager en complément, jamais en remplacement.
Sources
Cet article s'appuie sur des sources sérieuses, consultées en 2026 :
- Ministère de la Justice du Canada — L'incidence neurobiologique du traumatisme sur le cerveau (immobilité tonique, figement comme réaction normale et involontaire).

Catherine Haensler
Praticienne certifiée NeurOptimal® BASIC et ADVANCED
Je suis praticienne en neurofeedback dynamique NeurOptimal® au sein de l’Espace COMLÀ, à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg. Neuroatypique moi-même (TDAH et HPI), j’accueille avec une attention particulière les femmes de plus de 40 ans et les personnes au système nerveux très réactif.
Mon rôle : vous accompagner et vous soutenir dans une démarche d’autorégulation, à votre rythme et sans jugement.
